OGM : Quels risques prend-on? mars 12, 2007
1. Les risques pour l’environnement
Une plante transgénique peut avoir délibérément été conçue pour être toxique. C’est le cas des variétés qui sécrètent une substance insecticide. Mais la toxine peut involontairement faire d’autres victimes : d’autres insectes notamment, y compris des espèces protégées ou utiles, ainsi que les insectes du sol, auparavant peu affectés par les épandages aériens de pesticides.
Prolifération des OGM dans les milieux naturels
La valeur ajoutée d’un OGM peut lui procurer un « avantage» adaptatif et lui permettre d’envahir un milieu naturel. Une plante devenue plus résistante au froid pourrait alors devenir vivace, c’est-Ã -dire survivre d’une année sur l’autre et se reproduire alors que sa grande soeur non-transgénique était annuelle et ne passait pas l’hiver. Une telle endurance pourrait entraîner l’envahissement des milieux naturels par cet OGM, alors que les variétés conventionnelles étaient confinées aux champs cultivés et restaient sous contrôle.
Dissémination de gènes par la voie sexuée
Une plante transgénique peut, comme toute autre plante, se reproduire. Elle peut alors transmettre son nouveau caractère à sa descendance et le répandre en le communiquant à des variétés non transgéniques de la même espèce ou à une espèce voisine. L’intervention de facteurs extérieurs (vent, insectes, oiseaux) pour transporter les pollens rend, de plus, difficilement mesurable et contrôlable la dispersion des gènes.
Transferts horizontaux
Outre la reproduction sexuée, on peut aussi assister à des transferts de gènes dits horizontaux. Même si le phénomène n’a jamais été observé expérimentalement, le cas des gènes de résistance aux antibiotiques inquiète particulièrement les scientifiques. Dans les manipulations de génie génétique, le gène à transférer, appelé gène d’intérêt, est souvent accompagné d’un gène de résistance à un antibiotique. C’est ce qu’on appelle un marqueur : si une bactérie survit à l’antibiotique, c’est qu’elle a reçu le gène de résistance et par conséquent, le gène d’intérêt avec. Mais ce gène de résistance, présent dans la plante pourrait théoriquement se transférer au cours de la digestion, aux bactéries de notre flore intestinale ou de celle des animaux d’élevage que nous mangeons ensuite. Des bactéries pathogènes pourraient alors devenir insensibles aux traitements antibiotiques. Ce problème n’est pas nouveau : nous nous soignons avec des antibiotiques et on en trouve aussi ajoutés à l’alimentation des animaux d’élevage. Leur présence dans des OGM ne créerait donc pas un nouveau problème mais seulement une augmentation de la fréquence du problème déjà existant.
2. Les risques pour la santé :
Toxicité
Elle est directement liée à la présence d’un nouveau gène dans la plante. Si ce gène est issu d’un animal ou d’une plante alimentaire, son innocuité est connue. Mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit d’une substance pesticide comme la toxine Bt, issue d’une bactérie du sol, fatale pour les larves d’insectes qui la consomment ? Des tests toxicologiques doivent donc être pratiqués à différents dosages et avec des temps d’expositions variables. Cependant, les tests ne peuvent être pratiqués à très long terme et il est donc difficile d’écarter le risque d’une accumulation de toxiques dans l’organisme qui ne produirait ses effets qu’Ã long terme.
Qualité nutritionnelle des aliments
L’introduction du transgène et l’acquisition de nouvelles propriétés peut entraîner une modification de la composition de la plante : sa composition en nutriments notamment, mais aussi sa teneur en substances toxiques ou allergènes. Le gène nouveau peut, par exemple, s’être introduit dans le génome de la plante à un endroit inadéquat qui perturbe les autres gènes. Ou encore, la protéine, produit du nouveau gène, peut interagir avec les autres protéines de la plante et modifier le métabolisme de l’organisme. Sa composition finale pourrait alors être différente de l’original.
De même les conditions de culture d’un OGM peuvent être modifiées par rapport à celles de la plante conventionnelle qui lui a donné naissance. Une plante transgénique résistante à un herbicide notamment, pourra être cultivée en présence de cet herbicide et en contenir des résidus, potentiellement nocifs pour la santé humaine.
Plus d’infos :
http://www.fne.asso.fr/PA/ogm/actu/ogm_actu.htm






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