Le Marché de la Faim avril 24, 2007
« We feed the world », ou le marché de la faim, film autrichien de Erwin WAGENHOFER, met le doigt sur le fait que se nourrir reste encore une difficulté majeure pour des millions d’êtres humains victimes des guerres, de sécheresses climatiques, de déforestations massives….alors que l’autre partie de la population mondiale dispose de presque tous les produits alimentaires.
Et pourtant la production alimentaire mondiale pourrait satisfaire les besoins vitaux de tous les êtres humains.
En effet, aujourd’hui, dans l’UE, légumes, fruits, céréales, poissons, oeufs et viandes sont disponibles en grande quantité. Le marketing a diversifié l’offre au-delà de nos besoins fondamentaux, au mépris parfois des conditions de production des aliments…
Le film commence à Vienne, où la quantité de pain inutilisée et jetée pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche Graz.
Environ 350 000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique Latine, sont utilisés pour la culture du soja, destiné à nourrir les européens, alors qu’un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique. Chaque européen consomme annuellement 10 kg de légumes verts, irrigués artificiellement dans le Sud de l’Espagne, ce qui provoque localement des pénuries d’eau…
Le film pose la question de savoir quel sens y-a-t-il à jeter du pain par bennes entières, à épuiser les ressources de la mer, à produire du gaz carbonique en transportant sur des milliers de kilomètres des légumes qu’on pourrait consommés sur place, à déboiser la forêts brésilienne pour y planter du soja…etc ? Qui trouve avantage à ce que la planète soit inondée de semences non réutilisables, et bientôt de productions génétiquement modifiées qui améliorent encore les rendements ? Seule réponse aujourd’hui, et comme d’hab : le profit !!
Quand on demande au réalisateur si son film est porteur d’un message, il répond : « Nous sommes consommateurs, nous allons dans les supermarchés, nous devons manger pour vivre, chacun de nous doit faire ses courses et peut les faire où il le préfère : Tel est notre pouvoir ! Nous n’avons pas besoin d’avoir des tomates ou des fraises à Noël. Nous n’avons pas besoin qu’on leur fasse parcourir 3000 km jusqu’à nous. Nous n’avons pas besoin que nos animaux d’élevage mangent les forêts primitives du Brésil. Et si ce n’est pas nous qui agissons, qui agira à notre place ? »
“L’absurdité avec laquelle est traitée la problématique de l’alimentation est en train de préparer à des pénuries et à des famines mondiales sans précédent. Au Nord comme au Sud, les communautés humaines subissent la logique mondiale qui leur confisque le droit de se nourrir par elles-mêmes. Ces considérations ne soulèvent guère de protestations, ni ne modifient suffisamment vite le comportement du consommateur, seul à détenir les pleins pouvoirs sur le marché. Pourtant il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes” - Pierre RABHI de “Mouvement pour la Terre et l’Humanisme”.
Invitation vive à visiter le site du mouvement : www.mouvement-th.org
Nous vivons, nous européens, dans surabondance alimentaire, jusqu’Ã l’écoeurement… et nous cohabitons sur terre, sans honte aucune, avec des pénuries et des famines infligées au plus grand nombre. On y pense et puis…on oublie…
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