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Pollution de nos rivières : Féminisation des poissons…etc juillet 2, 2007

Classé dans : Pollution — punkprincess @ 12:57

 Après plusieurs analyses dans plusieurs cours d’eau, on a remarqué que malgré le passage en station d’épuration, l’eau rejetée contient des résidus de médicaments.
Les poissons changent de sexe, les humains résistent aux antibiotiques… Une nouvelle forme de pollution semble apparaître, celle de la pollution de nos rivières due à une consommation excessive de médicaments. C’est l’hypothèse de la revue médicale « Prescrire » qui, dans son dernier numéro, alerte sur cette menace pour l’environnement.
Des analyses effectuées par des biologistes dans les estuaires de la Seine, de la Gironde, de la Loire et de l’Adour montrent la présence de molécules pharmaceutiques allant du paracétamol aux médicaments anticancéreux en passant par la pilule contraceptive…

D’où vient cette pollution ? Elle provient des eaux usées passées par nos stations d’épuration, incapables aujourd’hui d’ « épurer » l’ensemble des particules et molécules présentes dans les eaux usées. En effet les statuions d’épuration n’ont pas été conçues pour éliminer totalement les médicaments, et le risque est grand qu’après le passage en station d’épuration certaines molécules de médicaments deviennent plus actives.

« Nous consommons des médicaments qui passent dans nos urines. La réglementation sur le traitement des eaux n’a jamais prévu ce problème. C’est la raison pour laquelle les stations d’épuration n’ont pas été conçues pour les éliminer totalement », précise Hélène Budzinski (chercheuse). Il y a aussi les eaux usées des hôpitaux ou encore les médicaments qui ne servent plus et que l’on jette dans la cuvette des WC. « Les antibiotiques utilisés sur les animaux d’élevage constituent une autre source importante de contamination », souligne Hélène Budzinski.

Du coup, avec la présence de telles particules dans l’eau de nos rivières, nous assistons à un phénomène préoccupant pour l’avenir de notre écosystème, qui est la féminisation des poissons mâles, mais aussi la résistance aux antibiotiques (pour nous humains mais aussi pour les animaux).
Le sujet est pris au sérieux par l’Académie de pharmacie qui a du coup constituer un groupe de travail, «Médicaments et environnement ».

Hélène Budzinski ajoute que l’« On pourrait moderniser les stations d’épuration. Mais l’idéal serait de supprimer la pollution à la source. Il ne s’agit pas d’arrêter de se soigner, mais de consommer moins de médicaments inutiles. Ce serait bon non seulement pour la Sécurité sociale, mais aussi pour l’environnement. ». C‘est vrai que dans notre société de consommation excessive et de surprotection grandissante, on a un peu trop tendance à se jeter sur les médicaments au moindre petit frisson désagréable…mais là c’est toute une éducation à refaire…Selon moi réduire les médicaments à la source, avec des prescriptions mieux adaptées et mieux réfléchies pourrait être une bonne solution.

« Pour l’instant, les scientifiques n’ont effectué des mesures que dans le milieu naturel. L’eau du robinet n’a pas encore été étudiée à la loupe. On espère que les usines d’eau potable sont plus efficaces que les stations d’épuration…», s’inquiète le docteur Claude Danglot, médecin du travail, ancien hydrologue à la Ville de Paris, selon qui une contamination de l’eau du robinet ne serait pas improbable.

Encore un sujet où il faut espérer qu’il ne soit pas trop tard…